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9° Edito : 54ème Commission du Statut des Femmes ONU New-York-2010

54° Commission du Statut des Femmes ONU, New-York, 2010

« Tant que les femmes et les filles ne seront pas libérées de la pauvreté et de l’injustice, tous les objectifs de l’Onu - paix, sécurité et développement durable - seront en péril » Ban Ki-Moon.


La 54° Commission du statut des femmes a été précédée d’un forum des ONG au cours duquel les représentantes des 5 régions selon l’Onu ont plaidé pour l’application de la Plate-forme d’Action de Pékin : aucune atteinte aux droits des femmes sous prétexte de traditions ou religions et pour la réalisation effective des Objectifs du millénaire avec la participation des femmes à la prise de décision dans tous les domaines.
Les thèmes des table-rondes : Progression des droits des femmes depuis 1975 grâce aux conférences internationales, Ce que vivent les femmes dans le monde : persistance du patriarcat théocratique, des violences envers les femmes, Comment accomplir la promesse de l’égalité de genres.

54° Commission du Statut des femmes 1-12 mars 2010

La Clef ayant rédigé un rapport parallèle à celui de la France, remis une déclaration écrite largement diffusée par le Conseil économique et social de l’ONU et organisé un évènement parallèle, a fait partie de la déclaration officielle, très positive, au cours de laquelle il a déclaré que la France « refuse toute forme de relativisme culturel. »
Lors de la séance plénière sur les objectifs du Millénaire, les expertes ont confirmé qu’ils ne seront pas atteints, en particulier sur la pauvreté des femmes et leur santé (mortalité maternelle). Des progrès concernant l’éducation sont enregistrés alors que les violences, notamment le viol comme arme de guerre se développe en RDC et dans les pays en guerre.

Les grands moments

Lundi 1er mars : La déclaration de la francophonie

La concertation francophone, présidée par le Canada, a adoptée une déclaration sur les violences à l’égard des femmes où les Etats rappellent leur volonté commune de prévenir et de lutter contre toutes les violences y compris l’exploitation sexuelle des femmes. Prévention des violences envers la femme, accompagner les femmes victimes et survivantes, poursuivre les auteurs de violences par tous les moyens de droit, ainsi qu’éduquer au respect des droits des femmes et à la non-violence. Nous rappelons la déclaration de Marrakech, très importante également.

Mardi 2 mars : Réunion USA/ France

Melanne Verveer, Ambassadrice des Etats-Unis sur les questions de femmes dans le monde et Gérard Araud, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à New York ont organisé une rencontre sur l’implication des hommes dans la lutte contre les violences envers les femmes avec des responsables d’ONG et les délégués officiels des pays francophones. Ils ont réaffirmé que la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes était une valeur partagée par les deux pays qui veulent en faire la promotion, en luttant contre les stéréotypes aussi bien dans les médias que dans les familles, en demandant la participation active des hommes dans les campagnes de contraception et en développant le partage des responsabilités.
L’implication des hommes dans les luttes féministes a été illustrée par quelques exemples où l’approche genre a été adoptée pour faire reculer les violences envers les femmes dans les pays émergents.
Les ONG françaises (CLEF, Femmes Solidaires, Ni putes ni soumises, Regards de Femmes) se sont largement exprimées. Elles ont rappelé que l’implication des hommes dans la lutte contre les violences envers les femmes concernaient également la France et les USA et ont fait des propositions qui ont été retenues à savoir une coopération des 2 pays pour une sensibilisation/ formation des responsables politiques et d’éducation pour les scolaires.

Mercredi 3 mars : Conférence Déjeuner à L’Office International de la Francophonie

Nous sommes intervenus sur la manière dont les Technologies de l’Informatique et de la communication bouleversent l’éducation et la formation et avons proposé aux associations qui le souhaitent des pages sur www.partagider.fr.

Jeudi 4 mars : Réunion européenne autour des violences à l’égard des femmes

Nous avons participé à la réunion organisée par l’Union Européenne avec le triumvirat des présidences, Suède, Espagne, Belgique, sur le thème des violences envers les femmes et leur prévention. Nous avons appris qu’il n’y a pas d’indicateurs sur les violences envers les filles. Nous avons regretté que la Suède n’ait pas fait référence à la prostitution, thème de désaccord majeur au sein de l’UE sur une violence fondamentale envers les femmes. Nous sommes intervenus d’une part pour dénoncer les interventions exclusivement en Anglais, sans traduction, alors que le Français est une des 2 langues de travail, mais surtout sur la nécessité pour les Etats de mettre en place des politiques pour une éducation non patriarcale qui affirme l’égalité en droits, devoirs et dignité des filles et des garçons ainsi que l’interdiction du harcèlement sexuel au travail, dans la rue, à la maison et de l’achat de services sexuels, si l’on veut effectivement combattre les violences envers les femmes

Vendredi 5 mars : Évènement parallèle organisé par la CLEF, Femmes Solidaires et Regards de Femmes « Avancées des droits des femmes dans le monde depuis 1948 et menaces actuelles de régression »

Après les interventions, d’un intérêt manifeste pour l’émancipation des femmes par rapport aux traditions, coutumes et religions et par la maîtrise de leur corps, un débat s’est installé avec les participantes principalement africaines, dont une ministre malienne et une responsable du Gams, qui ont demandé notre soutien à leur volonté de faire évoluer les traditions et les lois en particulier par rapport aux mutilations sexuelles.
Cécile Sportis, du Ministère des Affaires étrangères, est également intervenue se déclarant très émue par les interventions de Chérifa Kheddar et Djemila Benhabid en demandant que les femmes du monde musulman puissent accéder à la prise de pouvoir pour être des actrices d’un réel changement. Le temps a manqué, puisque cette année les évènements parallèles étaient limité à 1h30, pour cet évènement majeur par les thèmes abordés.

Les rencontres :

Dans le cadre du LEF, les Espagnoles ont demandé notre participation pour une déclaration commune faisant référence à la laïcité pour faire avancer les droits des femmes (cf. Déclaration de Cordoba). Nous avons été sollicitées, également, par un grand nombre d’ONG notamment celles d’Afrique… pour les soutenir dans leur revendication de laïciser les institutions de leurs pays. Nous avons rencontré les représentantes du FFM international espagnole, italienne et israélienne qui ont assisté à notre évènement pour manifester leur amitié et leur soutien à notre combat commun.
Le 5 mars, nous avons répondu à l’invitation de l’Organisation Tunisienne des Mères qui organisait une réception en présence de Mme Ban Kee Moon. Au cours de cette soirée nous avons pu nous entretenir avec Hanifa Mezoui, ex cheffe du service des ONG à l‘ECOSOC, Gloria STARR Kins, journaliste, des syndicalistes, des magistrates et différentes associations tunisiennes.
Le 6 mars, la présidente de Global Justice Center, Janet Benshoof, a demandé à nous rencontrer pour nous alerter sur la situation des femmes Birmanes et demander que nous remettions un courrier adressé à B. Kouchner à la Mission française et au MAEE. Ce que nous avons fait. En conclusion, la présence des organisations féministes et laïques françaises et francophones est absolument nécessaire. Il s’agit de promouvoir nos revendications, d’apporter notre soutien aux femmes du monde et d’empêcher les régressions.


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