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Actes du Colloque : Pas de gouvernance démocratique sans les Femmes

Première table ronde : Vers la parité femmes/hommes dans les instances élues

Animation par Michèle Vianès :

Un partenariat d’associations de femmes, initié par Elles aussi, soutenu par l’Union Européenne, a mis en place des colloques pour inciter les femmes à être conseillères municipales. Formation, connaissances des règles de fonctionnement des institutions, et surtout savoir être, estime de soi, prise de parole en public. La grande crainte des femmes : ne pas être capable (Françoise Giroud), résultat de traditions patriarcales millénaires.
Elles aussi a été une des associations qui a organisé en 1999 et 2000 des colloques pour inciter les femmes à être conseillère municipale. Je vais demander à Reine Mataix, la présidente de Elles aussi pour le Rhône de nous dire comment inciter les femmes à être candidates aux élections.
La loi française était une première mondiale, les autres pays instaurait des quotas dans le meilleur des cas ou s’en remettaient au « laissez-faire » des partis pour réglementer les investitures (Quand liberté est laissée aux appareils partisans, ceux-ci montrent leur mauvais vouloir à organiser la mixité des investitures ». Mariette Sineau) Aujourd’hui, la parité est un concept qui fait école partout, comme en Tunisie, pour la Constituante. Saida Dorra Draoui Mafhoud va nous en parler.
Modèle ailleurs, mais comment est-il appliqué ici et particulièrement dans la région RA ? Pour nous en parler Dominique Daures.
La France, initiatrice du concept, présente donc des résultats plus que mitigés.
La législation française a engendré une féminisation à deux vitesses. Bon outil pour produire de l’égalité lors des scrutins de liste, elle s’est avérée un piètre instrument d’action positive pour les législatives.
Le Sénégal a vu les limites de la loi française et a essayé de corriger les erreurs, en adoptant la loi sur la parité absolue entre les hommes et les femmes et son incidence sur l’application de la résolution 1325. Je sais qu’un étudiant présent travaille sur ce sujet. Madame la Ministre, très chère Awa N’DIAYE, je suis ravie de vous accueillir à Lyon aujourd’hui. Vous êtes à l’origine de ce colloque. A la suite de notre rencontre, en février dernier à l’ONU à New York et de la présentation que vous avez faite de votre loi, je vous citais en exemple sans arrêt. Lorsque la région Rhône-Alpes a présenté la quinzaine de l’égalité au féminin et au masculin, j’ai immédiatement pensé à organiser une rencontre entre les responsables des lois sur la parité dans différents pays.

Intermède

Avant de passer à la seconde table ronde, un intermède, avec un discours de Hubertine Auclert, la grande suffragiste française. Tous nos remerciements à la compagnie la Nébuleuse d’avoir accepté de nous en faire lecture.

Les artistes Laura Glutron et Audrey Jegousse sont venues nous voir l’an dernier, leur coéquipier Philippe Luneau avait, en chinant, acheté un recueil de pièce de théâtre anarchistes, dans lequel des textes de Nelly Roussel montrait la condition féminine au début du XXème siècle. Leur lecture a suscité interrogations et prises de conscience des membres de la troupe par la permanence dans les esprits de « La faute d’Eve». Audrey Jegousse et Pierre Vandestock vont nous faire la lecture, le texte vous sera distribué.

2ème table ronde Les femmes et la gouvernance démocratique

Nous commençons la deuxième partie que nous aurions pu intituler des femmes oui, mais des femmes pour quoi faire ? Lundi dernier je participais à une émission de Telesud, « Lady vous écoute ». Elle nous a demandé si aux élections présidentielles nous voterons pour une femme ou pour les idées du ou de la candidate. J’ai répondu évidemment sur les idées, je ne voterai jamais pour une Marine le Pen ou une Sarah Palin !

Avant de décrire la situation, Bernard Lamizet va nous permettre d’affiner notre réflexion sur « Les femmes actrices de la démocratie »
Les femmes actrices de la démocratie, qu’en est-il en réalité ?
Pour parler des avancées et limites de la loi française : la preuve par les chiffres :
Les parlementaires dans le Rhône : 14 sièges de députés au scrutin uninominal 13 Hommes, 1 Femme, Pascale Crozon, devait être là, pour nous parler du mode de scrutin, des pénalités et de l’Observatoire de la parité où elle siège, mais elle a eu un empêchement de dernière minute, sans doute le 2ème tour des primaires socialistes. Concernant les 7 sièges au Sénat, mandat précédent 7 hommes, depuis que la parité s’applique sur les listes 4H, 3 F.
Nous accueillons 2 femmes élues, Muguette Dini, sénatrice du Rhône et Brigitte Coulon maire dans une petite commune de l’Ain, Rancé et présidente de la communauté de communes porte ouest de la Dombes.

Brigitte Coulon, voulez-vous commencer ?
Muguette Dini, quelles sont pour vous les étapes qui ont été décisives, quelles avancées et quelles actions mener pour arriver à une parité plus effective en France ?
Le lien se fait naturellement avec la présentation de Nicole Théron, sur la formation des élues : estime de soi et savoir-faire.
Pour conclure les interventions, j’ai demandé à Julienne Mukabucyana du Rwanda où la loi sur la parité a été votée depuis 2003 et où les femmes sont majoritaires au parlement de nous dire comment ces femmes élues ont changé la vie des femmes, de leur famille, de leur pays ?

Débat

Nous ouvrons le débat, si vous permettez je vais commencer à donner la parole à Ticky Monekosso de BPW Rhône-Alpes, responsable d’Afromedianet et qui rentre du Cameroun

Conclusion

(par michèle Vianès)

La loi dite de parité n’a donc réussi ni à gommer les effets discriminants du système uninominal ni à inciter les partis à respecter la loi paritaire, mission que leur attribue pourtant l’article 4 de la Constitution. Lors des législatives, les grandes formations préfèrent payer de lourdes pénalités plutôt que d’investir des femmes en lieu et place des sortants. Comme le dit Yvette Roudy, Ministre des droits des femmes de 1981 à 1986 : « Rappelant aux femmes que la galanterie serait une insulte en politique, les partis, tels des clubs anglais, résistent aux mutations et reproduisent désespérément un corporatisme guerrier. Celles qui, disposées à servir un idéal de transformation sociale, souhaitent entrer en politique sont rejetées par ces structures partisanes où la langue est d'un bois tranchant. »
Les chiffres sont têtus et montre la nécessité de la loi. Dans les conseils municipaux : 32% femmes élues dans les communes de moins de 3500 habitants , où la parité ne s’impose pas, 48.5 % dans celles où la loi s’applique. Ils montrent également la nécessité de modes de scrutins autres que le scrutin uninominal à 2 tours qui ne permet pas des résultats paritaires.
Les tentatives de régression sont très lourdes, en particulier par la réforme territoriale. Dans un souci de simplification administrative, les cantons dans les départements et les régions seront remplacées par des territoires, avec un scrutin uninominal à 2 tours. Les associations de femmes tirent la sonnette d’alarme, sans grand succès jusqu’à présent.

Pour conclure, permettez-moi de citer nos amies camerounaises le Réseau More Women in Politics soutient et accompagne la réalisation de LA VOIX DES FEMMES car « l’homme et la femme sont comme les deux ailes d’un oiseau, et tant que l’aile féminine ne sera pas déployée comme l’aile masculine, le Cameroun, j’allais dire l’humanité ne prendra pas son envol ».



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